Dire adieu à la finance

Appel à actions - 15/09 - 31/10/2018

Manifeste

#ByeByeTINA
Dire adieu à la finance

La finance est partout - elle donne un prix aux céréales qui assurent la base de notre alimentation, aux matières premières - bois, métaux, minerais... - qui constituent les objets dont nous faisons usage chaque jour ; elle façonne le choix des énergies que nous utilisons ; elle détermine les conditions de notre travail et notre façon d’envisager et d’accéder à ces besoins fondamentaux que sont la santé, l’habitat et l’éducation.

Chacun, chacune de nous est intimement lié.e à elle. La finance se glisse jusque dans les interstices de nos portefeuilles, dans les tiroirs de nos meubles : crédit hypothécaire, crédit à la consommation, épargne pension... autant de bouts de papier dont nous sentons continuellement la présence tant ils nous obligent.

La finance est partout, et l’argent déborde. Les milliards et milliers de milliards et millions de milliards des banques, des sociétés d’assurances, des fonds de pension, des hedge funds, des fortunes démesurées et des dettes abyssales nous sifflent aux oreilles à l’écoute des nouvelles, à la lecture des journaux. Ces montants nous impressionnent mais, souvent, nous ne les voyons plus, occupé.e.s que nous sommes à tenter de vivre avec quelques dizaines, quelques centaines, quelques milliers peut-être. Peut-être ces milliards nous empêchent-il aussi, par leur présence, leur pouvoir, leurs injonctions et leur insistance étouffante, de penser et d’agir autrement.

Dépasser cet état d’empêchement, de paralysie, d’étouffement, requiert de briser quelque chose qui est de l’ordre de l’envoûtement, de l’impuissance sidérée.

Le temps est venu de rendre visibles et défaire les réseaux d’influence. Le temps est venu de décortiquer les rouages de l’économie et de la finance. Le temps est venu de mettre nos mains dans le cambouis.

Dans un contexte de crises économiques et financières à répétition et aux effets dévastateurs, nous soutenons qu’il est urgent de se réapproprier le fonctionnement de la société dans laquelle nous vivons et d’en maîtriser les enjeux. Laisser les questions économiques et financières aux seuls experts n’est plus envisageable.

Investissons nos rues, nos places et nos chemins pour

Nous sortir de l’immobilisme

Nous remettre en mouvement

Nous donner de la force

De la force pour faire émerger de nouvelles règles du jeu

De la force pour ouvrir un accès vers d’autres modèles de répartition des richesses

De la force pour faire exister d’autres modes de vie

De la force pour libérer notre imagination.

Parce que la finance nous agresse, et qu’il y a des alternatives

#BYEBYETINA
DIRE ADIEU A LA FINANCE

Il y a 10 ans, la faillite de la banque Lehman Brothers provoquait des faillites en chaîne dans le secteur bancaire et financier. Les États européens ont injecté des centaines de milliards d’euros dans les banques. L’argent public a sauvé le système et assuré sa pérennité, sans rien y changer : la finance est toujours aussi dangereuse, elle poursuit son œuvre de parasite qui pompe les richesses partout où elles se trouvent, jusque dans la terre, dans l’eau, dans notre travail, et verrouille ce qu’il reste de nos démocraties.

Au cours de ces 10 années, l’argent des dividendes et des intérêts a continué de s’accumuler dans les mains des 10% les plus riches. Mais pendant ce temps, les politiques d’austérité se sont déployées partout en Europe, guidées par le mantra de TINA (There Is No Alternative, il n’y a pas d’alternative), et la plupart d’entre nous a vu ses conditions de vie se dégrader : perte de revenus, pression croissante au travail, renchérissement des loyers, dégradation des infrastructures publiques, pression sur les allocataires sociaux, augmentation du coût des études et de l’accès aux soins de santé, répression des mouvements sociaux ... la liste est longue.

Il aurait pu en être autrement. Les pertes des banques auraient pu être assumées par ceux qui avaient accumulé des sommes considérables pendant des années, ce qui aurait préservé les budgets publics ; on aurait pu mettre un terme aux agissements délétères des banques et de la finance en prenant le contrôle* ; d’autres chemins auraient pu être pris qui auraient fait de la place aux "alternatives" en nous libérant des injonctions du profit et de la finance, qui nous tuent chaque jour un peu plus. Il peut encore en être autrement.


* Des mesures étaient considérées urgentes au lendemain de la crise : rendre les banques plus solides en augmentant leurs fonds propres des banques, protéger l’épargne en séparant les activités de marché des activités qui nous sont essentielles, définir une mission d’intérêt général pour les banques et institutions financières, taxer les transactions financières, interdire des pratiques qui ont conduit à la crise de 2008 comme la titrisation,... 10 ans plus tard, aucune de ces mesures - qui ne pouvaient être qu’un début - n’est en place.

Pour en savoir plus, visitez la page ressources, etjetez un oeil à l’agenda, vous trouverez sûrement un événement près de chez vous sur le sujet !